vendredi 9 septembre 2011

La rénovation/restauration de la Maison Hobé


HISTORIQUE DE LA RENOVATION DE LA MAISON HOBE

 
INTRODUCTION

Tout commence le 29 janvier 2004. Ce jour-là, l’association Quaker Council for European Affairs occupante de la « Maison Hobé », dite aussi Quaker House, en référence à ladite association, reçoit un courrier adressé par la Direction des Monuments et des Sites (DMS) de la Région de Bruxelles-Capitale, qui l’informe que « dans le cadre d’une campagne de protection de bâtiments Art Nouveau, l’attention de la Direction des Monuments et des Sites a été attirée par l’immeuble sis Square Ambiorix 50 à Bruxelles », et demande une visite de l’intérieur de la Maison. Il est vrai que cet immeuble, que nous appellerons dans les pages qui suivent « la Maison Hobé », avait été déjà ouvert au public lors d’éditions antérieures des Journées du Patrimoine et des W-E Art nouveau organisés par l’association Voir et Dire Bruxelles. Plusieurs milliers de personnes l’ont déjà visitée. Mais l’intérêt pour la Maison a pris un tour nouveau. Cette fois, c’est une historienne de l’art, Michèle Herla, mandatée par la DMS, qui visite la maison le 20 février 2004, en compagnie de Xavier Verhaeghe, régisseur des lieux.

Son rapport à propos des décors intérieurs de la Maison sera probablement élogieux, même si malheureusement il ne sera jamais communiqué comme tel aux occupants. Le 13 mai 2004, moins de trois mois après cette visite, les choses s’accélèrent. La DMS informe par courrier les occupants de la Maison que le Gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale, à l’initiative du Secrétaire d’Etat en charge des Monuments et Sites, Monsieur Willem Draps, a entamé le 6 mai 2004 la procédure de classement comme monument de la Maison.

On peut donc constater qu’en un temps assez rapide, la Région a analysé la situation et pris les décisions qui en découlaient. Qui a dit qu’à Bruxelles les institutions ne fonctionnent pas vite et bien ? Ce sera d’ailleurs une constante dans le processus de décision et d’accompagnement de la rénovation de la Maison : du côté des autorités bruxelloises, tout se fera toujours rapidement et efficacement, nous y reviendrons.

Le courrier de la Région, envoyé par la DMS, contient déjà les prémices du futur plan de rénovation de la Maison. On peut y lire en effet que « Considérant la qualité exceptionnelle des décors intérieurs de cette habitation, la Direction vient de demander à l’Institut Royal du Patrimoine Artistique d’effectuer une recherche approfondie sur différentes pièces : hall d’entrée, cage d’escaliers et tout le 1er étage. (…) Cette étude vous permettra, selon vos souhaits, de diriger une éventuelle restauration, en connaissance de cause ». Tout est dit dans ce dernier morceau de phrase : il ne s’agira pas de rénover la maison n’importe comment…

L’arrêté du Gouvernement du 6 mai 2004 entamant la procédure de classement de la Maison comprend une annexe I qui donne tout d’abord une description détaillée de l’extérieur de l’immeuble. Suit ensuite le détail des décors intérieurs qui avaient certainement retenu l’attention de Michèle Herla. On y lit notamment que « le vestibule, le hall d’entrée et la cage d’escaliers sont décorés d’un luxueux papier peint à motifs en relief de style Art Nouveau ». Ensuite, pour le salon central, la note fait remarquer « le subtil décor constitué de trois différents types de papier Art Nouveau à motifs en relief ». Ce ne sont, à cette époque, que les papiers visibles parce que les différents campagnes de sondages qui seront effectués ensuite dévoileront d’autres aspects insoupçonnés de la variété extraordinaire des papiers peints qui ont été utilisés pour décorer cette maison. Mais n’anticipons pas !

Le texte met également en valeur le talent incomparable de Georges Hobé (voir chapitre ..). « La maison conserve dans son intégralité un aménagement intérieur entièrement dessiné par Hobé, en parfaite harmonie avec les façades (…) Le mobilier décoratif (constitué de lambris, portes et chambranles, parquets, vitraux, huisserie, etc.) maintenu dans un parfait état, est d’une exceptionnelle qualité, témoignage du savoir-faire de Hobé, grand créateur de mobilier ».

La Maison sera finalement classée comme monument par arrêté du Gouvernement le 9 février 2006, soit bien avant la fin du délai de deux ans prenant cours à la date du premier arrêté entamant la procédure de classement daté, rappelons-le, du 6 mai 2004.

L’aventure de la rénovation de la Maison peut commencer ! Tous les ingrédients de base sont en place. Mais avant tout projet de rénovation, il s’agira de mieux connaître la Maison, ou plutôt même de découvrir ses trésors cachés, sans oublier de partir à la rencontre de Georges Hobé lui-même.

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